En bref, Maitresse Dominique raconte son parcours de jeune homme amoureux des dessous féminins jusqu’à son statut de Maîtresse.
Explorant une sexualité très peu mise en avant, Discipline dévoile le fétichisme des sous-vêtements féminins, le transgenre et les relations sadomasochistes. C’est un monde de sensations fortes, un monde où les hommes sont entièrement soumis à des femmes dominatrices.
Le parcours de Dominique commence à l’adolescence. On rentre vite dans le vif du sujet dès qu’il se met au service de celle qui deviendra sa mentor, maîtresse Claire. Celle-ci le forme et éduque son esprit et son corps.
Avec des planches réalisées à l’aérographe, ainsi qu’une construction de pages dynamique, Duvet a un vrai talent à nous faire rentrer dans cet univers. On reste dans le ton de confessions illustrées.
Hors la représentation graphique extrêmement détaillée, ce qui choque est la psychologie des personnages. L’emprise est totale. Comparée aux autres BDs traitant de SM, celle-ci reste largement du dessus du lot. On ne peut s’empêcher de s’interroger : quel rôle pourrais-je tenir? Pourrais-je vivre cette expérience? Ce qui est certain, c’est que c’est un sacerdoce, un style de vie de tous les instants.
Donc, la lecture ne laisse pas indemne, l’avertissement figurant sur la BD n’est pas pour faire joli.
- Je suis Sonia, ma cocotte, et je vais t’apprendre à ne plus penser avec ta bite… Mais avec ton cul !
Tabous Editions
Polar sexuel dans la veine de la littérature et du cinéma noirs, le journal d’une soubrette nous montre comment, avec une petite morale et une grande volonté, on peut se sortir de toutes les situations. C’est aussi l’album de Xavier Duvet le plus “classique”.
Les personnages de Xavier sont les pantins d’une fresque pornographique qui s’étend sur plusieurs générations : nous retrouvons ainsi, au fil des albums, nos acteurs dans plusieurs univers, à différentes périodes de leur existence.
Avec Le journal d’une soubrette nous sommes à l’origine de la saga. Clara, pauvrette sans le sou, part pour New York avec la ferme intention de réussir. Elle entre au service de Madame Lucy comme soubrette mais, un jour, un homme est découvert mort dans une situation bien fâcheuse…
Xavier Duvet a débuté dans le dessin dans les années 80 pour des magazines de jeux de rôle (Casus Belli…). Un jour, alors quil démarche un éditeur pour lui vendre des couvertures de magazines représentant des pin-up, il se voit confier la réalisation de sa première bande dessinée (linitiation de Chris ); 14 autres albums suivront (pas encore tous édités !). Depuis plus de 100 000 exemplaires de ses BD ont été vendus dans le monde (France, USA, Allemagne, Hollande…). Il est aussi célèbre pour ces pin-up ultra-réalistes à laérographe parues dans PENTHOUSE. Il collabore également au monde de la publicité et du web.
Pages : 48 pages en noir et blanc
Format : 23x32 cm, couverture cartonnée
Tabous Editions
Connu depuis lantiquité pour ses vertus aphrodisiaques, le fouet fait son come-back ! Objet de fantasme érotique très puissant, il est tour à tour associé aux pratiques SM, ou au libertinage. Tombé en amour dun ouvrage qui lui est dédié, le psychiatre Philippe Brenot dévoile les secrets de cet art.
"Qui na un jour craint, redouté, rêvé dêtre fouetté(e) ou flagellé(e)", questionne le psychiatre Philippe Brenot. Sa passion pour la flagellation remonte à 1992, à Nice, très précisément. Cest lors dune brocante que son oeil averti de bibliophile est attiré par un petit livre "Traité du fouet" (1753-1799) de François- Amédée Doppet, médecin, homme politique et général de larmée napoléonienne. Au fil des pages, il découvre les secrets de cet art, des pratiques de flagellations dans lAntiquité, à celle des maisons closes, entre mise en garde des erreurs à ne pas commettre et délicieux secrets damour.
Les antiques raffolaient du fouet !
Très tôt dans lhistoire de lhumanité, les textes anciens relatent les liens entre la douleur et la jouissance. "On sait combien les prêtresses de Milet jouaient du fouet pour exciter la volupté. Hérodote raconte les flagellations érotiques des fêtes dIsis où tous les fidèles armés de fouet se frappaient jusquà ce que surexcités par la violence et la douleur ils tombassent anéantis dans les bras les uns des autres" nous rappellent Philippe Brenot.
Les textes sont formels, pas de fêtes orgiaques sans rituels du fouet, que ce soient les Dyonisies en Grèce ou les Bacchannales à Rome...
La flagellation, une pratique contre limpuissance ?
Le fouet trouvait aussi sa place dans les traitements contre limpuissance ! Lune des grandes croyances anciennes était que le sperme fécondant venait de la moelle épinière. Selon la doctrine hippocratique, il fallait réchauffer les lombes pour redonner de la vigueur au membre défaillant.
Une des raisons pour laquelle, nos grands-pères, sans doute, adoptaient les ceinture en flanelle pour se chauffer les reins quand dautres recourraient à lart du fouet. "La flagellation était un moyen particulièrement efficace, surtout si elle était pratiquée par une jolie brune" précise le psychiatre, illustrant ainsi cette pratique prisée dans les maisons closes, et administrée par des jeunes filles, à quelques libertins surannés, en extase. Et vigoureux. Preuve sil en est de lefficacité du remède !
Un châtiment source de déviance
Objet fétiche des pratiques masochistes, le fouet fait son entrée très tôt dans la vie de Léopold von Sacher-Masoch, y laissant les traces que lon connaît aujourdhui. Dans son écrit culte La Femme au fouet, il y relate comment à lâge de 10 ans, il sera puni par sa tante quil surprend avec un amant : "Me tenant par les cheveux de la main gauche, et me posant un genou sur les épaules, elle se mit à me fouetter vigoureusement (...) Mais il me faut bien le reconnaître, tout en me tordant sous les coups cruels de la belle femme, jéprouvais une sorte de jouissance". Dès lors des femmes porteuses de fouet, chaussées de bottines de velours, et autres avatars fétichistes, seront partout présentes dans loeuvre de Masoch.
Philippe Brenot commente cette expérience : "Ce type de corrections peut amener des déviations, une forme de perversion des pulsions. Il ne pourra pas séchapper de cette scène, devenue sa seule source de jouissance".
Initiation à la flagellation amoureuse
La flagellation amoureuse peut cependant avoir dautres racines que la perversion masochiste, "notamment celle de linitiation progressive par un érotisme bien consenti", modère le psychiatre. Véritable raffinement érotique, cette pratique est au coeur de la littérature érotique : plus de 700 livres lui sont consacrés entre 1890 et 1940. A noter La Voluptueuse Souffrance de Max des Vignons (1930), Coups de fouet de Lord Birchisgood, Le magnétisme du fouet de Jean de Villiot (1902)...
A la grande époque de la censure, la flagellation, comme dautres raffinements érotiques, était un signe de libération des moeurs. Au delà dune simple pratique SM, sy mêlaient des sensations corporelles voluptueuses, source dexcitation. "A la douleur, y était associée le fantasme de la domination, toujours en cours aujourdhui" explique le psychiatre.
Le fouet entre fantasmes et pratiques sm
"Le fouet et la douleur masochiste peuvent être un fantasme excitant pour certains qui ne le réaliseront jamais..." soutient le psychiatre. Pour dautres, qui désirent la vivre, ils peuvent être une réalité jouissive. "Peu de pratique du fouet subsistent, hormis dans certains milieux très particuliers du SM, une minorité, croyez-moi !" ajoute-t-il. Il nen reste pas moins un fort symbole érotique de la soumission consentie, qui perdure dans la pratique de la fessée toujours en cours.
Sa variante, version cravache et bottines, proposée par les corners dédiés au plaisir, peuvent alimenter ce fantasme. Curieux des égarements du sexe, Philippe Brenot, précise : "Toute stimulation particulière du corps peut être excitante, à une seule condition toutefois : que le jeu soit librement consenti par les partenaires en présence !